Anti chronique 11

Vendredi 26 juin

 

Il est des jours où rien ne vient. Vous l’aurez certainement remarqué. Et ce dès le premier jour.

 

Je saute à pieds joins de la margelle que j’ai eu le tord de confondre avec la marelle.

 

L’ami chronique 0,5 a déjà fait la moitié du chemin. Il ne lui reste qu’un jour ou deux pour disparaître définitivement.

Anti chronique 10

 

Sans date

 

A la tentation du « tout relatif », j’oppose certaines vérités éternelles : l’homme aux moignons ne doit pas servir la soupe !

 

Trois fois rien. Je cale. Un peu plus loin, des platanes morts depuis des lustres. Virus, cochenilles…. Et puis ce n’est pas tout, la rumeur enfile ses perles. Il n’y aurait plus rien à attendre du cerveau. Ça se passerait ailleurs, entre le nombril et la cage thoracique. A voir…

 

Je suis en train de marcher et boum ! Je suis en train de tomber et boum ! Je suis en train de civière et boum ! Je suis en train de scalpel et boum ! Je suis en train de rejet et boum ! Je suis en train de boum et boum !

 

Dieu n’est pas au dessus de rien car rien n’est au dessus de rien. Ce qui ne m’empêche nullement de mettre un chapeau.

 

Je le vois et je tombe. Je tombe et si sûrement il tombe. Je le vois qui tombe. Et tombant il voit bien de lui-même qu’il tombe. Il le voit et me voit et cela ne fait que commencer.

Anti chronique 9

 

Samedi 20 juin

 

L’ami chronique, le vrai, repart à l’attaque : « Allez go, go ! Il faut anticiper ! ». Mais c’est ce que je fais. J’anticipe déjà l’après Avignon.

 

Alors que je cite à nouveau à la cantonade une phrase de Marcel Duchamp, « je n’aime pas solliciter, d’abord parce que c’est fatigant ; et puis cela ne sert généralement à rien. Je n’attends rien. Je n’ai besoin de rien. » L’ami chronique n°35 m’interrompt rictus aux lèvres : « Ah oui ? Et Avignon ? Vous n’allez quand même pas nous dire que vous allez là-bas pour le plaisir de jouer ! » Non. Je dois l’avouer. C’est pour le climat.

 

L’ami chronique 72 a décidé paraît-il de débuter lui-même une chronique. En serais-je ?

 

Il y aurait pour chaque phrase, voir pour chaque mot, un ami chronique. A ne pas prendre pour autant au pied de la lettre.

 

Anti chronique 8

Vendredi 19 juin

Croisé hier dans les rues d’Abusson un ancien combattant bardé et lardé de médailles du cou au pubis s’avançant hardiment la fleur à la cane. Ne me dites pas qu’il n’y a pas là sujet en or, rencontre rêvée, déclenchement ailée pour un lancer de chronique! Et bien non. Le voilà déjà rentré chez lui glaviotant sa soupe. Et ce ne sera pas moi, qui lui hurlerai au visage : « Joseph ! Tu as encore taché ta chemise ! Si le Général te voyait ! »

Anti chronique 7

 

Jeudi 18 juin

 

Le voici qui avance ! Droit comme un I ! Fier comme Artaban ! Justice ! Justice ! Non, qu’on la lui coupe ! Et hop ! Le voilà sautillant comme cabri au champs ! Débarrassé de la justice c’est comme si le reste du corps avait retrouvé une deuxième jeunesse !

 

- Pour une fois, je vous le dis ! Arrêtons de croire ! Arrêtons de croire ! Arrêtons de croire !

- Vous croyez ?

 

Le revoilà. C’est le numéro 2988 qui avance à découvert interrogeant le numéro 5. « Vous n’auriez pas vu une chronique ? » « Vous y êtes. » « Non ! » « Si ! » « C’est donc ça ? » « Et oui » « Ça alors ! » « Ça vous étonne ? » « Un peu » « Et pourquoi donc ? » « Je ne sais pas. Je voyais ça plus grand… »

 

Anti chroniques 6

Mercredi 17 juin

Droit devant le regard : Aubusson!
Sur la droite, sur la gauche : Aubusson!
En arrière, invisible mais sensible dans sa présence : Aubusson. Heureusement qu’au milieu y a moi…

Depuis mon fauteuil, la hauteur du velux ne laisse voir que le ciel. Ce matin le bleu remplace le gris majeur de l’habitude. On peut voir des coupes d’arbres au rasoir, sommets sur bas cadre. Pour le tronc et les racines on repassera. Faudrait se lever.

Et bien ! Il y en a du monde sur ton balcon ! Me dit l’ami chronique 43 qui vient de descendre par la cheminée. Il n’a pas encore vu la bibliothèque.

Aujourd’hui à 13h00 pétantes, la télévision nationale a diffusé le discours ô combien solennel  d’un individu qui a débuté par : « Moi, ami chronique… ». Pourtant sa tête ne me dit rien….

Une foule s’étend, compacte et fillasse depuis la Place de la République. Sa tête s’épingle jusqu’au aux abords de l’Avenue de la Grande Armée et plus loin encore. Il y a ramage et ramures d’Est en Ouest et d’Ouest en Est. Quand au sud, le voilà frayant avec plus grand que lui jusqu’au nord. On peut l’affirmer, on a jamais vu ça ! Plus aucun repère. Les points se décardinent, se font face et tâche, conglomérat, bastringue et tralala. Tout ça pour ça… Pour une seule et unique raison. Trouver enfin une petite place dans ma chronique. Comble de malchance, ils se sont trompé de feuille. Les voilà en page 3 de mon nouveau roman, « Le retour d’Ebola ».

Trop c’est trop ! Finissons en une fois pour toute avec ce slogan ridicule qui s’est mis à envahir le pays entier : « Je suis Chronique ».

Anti chronique 5

Mardi 16 juin

(voir Anti chronique 4)

+

Alors quoi ?

L’amirien ?

L’aminvisible ?

L’amilisse ?

Finalement ce sera « L’ami chronique 2 », plus simple, plus direct. Pas de chichis, de trucs à bric et braque. Du concret !

D’ailleurs, puisqu’on parle du concret, j’en profite. Pas plus tard qu’aujourd’hui, un ami, l’ami chronique 4 ( le 3 est souffrant) me reproche (encore !) le manque de concret de mes non chroniques. « Oui d’accord, les idées, l’humeur, la plume et le plumeau, l’aspect prismatique, la primauté au mot, oui, oui, mais le concret…. Je veux dire, qu’est ce que ça raconte ? Ou plutôt (Il se méfie le bougre. Je vais t’en foutre moi du raconté !) de quoi ça parle ? Qu’est ce que y a y a et yéyés derrière, sous jacent, qui fait sen…  appui (bien joué !) ?Je lui réponds magnanime et fumant (la pipe, pas le cigare) sous la forme d’une bravade lacanienne que quoi qu’il en soit et de toute façon, « le concret te ment ». Bon débarras.

Je suis comme ça. Comment ? Un peu… Disons… Je v… C’est pas… Non. Plutôt… En fait… C’est que…. Si vous prenez par exemple un  si vous prenez par exemple un si vous prenez par exemple un  si vous prenez par exemple un si sssssssssssi prenez un si exemple exemplevous êtes dans une forêt au milieu des pins et… Enfin, vous voyez ce que je veux dire.

L’ami chronique 10 me regarde. Et me lance soudain un énorme cailloux en plein visage. Et cela uniquement pour me faire réagir. Il y sera parvenu. Voilà que sa tête soubresaute à présent le long de son pied. Le Katana c’est comme avec le ski, ça s’oublie pas.

L’ami chronique 9 suit l’ami chronique 8 qui suit l’ami chronique 7 qui suit l’ami chronique 6 qui suit l’ami chronique 5 qui suit l’ami chronique 4 qui suit l’ami chronique 3 qui suit l’ami chronique 2 qui suit l’ami chronique 1 qui se retrouve à présent avec moi dans les toilettes. Que ne feraient-ils pas pour qu’on parle d’eux. J’ai beau tirer la chasse, demeure le fond du paysage….

Anti chronique 4

Lundi 15 juin

L’ami chronique me fait remarquer que même si je me refuse à écrire de nouvelles chroniques elles sont plus longues que les anciennes. C’est vrai.

Depuis quelques jours, un ami me reproche de trop parler dans mes dernières chroniques de cet ami qui depuis quelques jours me reproche de ne pas reprendre mes chroniques, à savoir, l’ami chronique.

Il ne voit pas pourquoi, un tel ami prendrait tant de place, et pourquoi lui, cet autre ami, tout aussi ami, ne serait pas à son tour cité, de même manière, dans mes célèbres chroniques…

Aurait-il moins de valeur ? Ne serait-il pont digne d’y figurer ? Est-il moins ami que l’ami ?

J’ai beau lui répéter que tout cela n’a aucun sens puisque comme je ne cesse de le proclamer je n’écris plus et n’écrirai plus aucune chronique, rien n’y fait. Il n’en démord pas.

Je finis donc par céder, lui jurant devant Dieu et genou à terre qu’il figurera à coup sûr et en morceau de choix dans les fameuses prochaines chroniques !

Il se retire alors, joyeux et sautillant, aveugle dans sa joie – comme c’est toujours le cas – à cette évidence absente d’une évidente absence :

No Future !

No Fun !

Par ce que

No Chronique !

Dans le fion Léon !

Une question cependant se pose, comme vais-je le nommer ?

Anti chronique 3

Dimanche 14 juin

 

L’ami chronique insiste et expose ses arguments. L’écriture fait muscle. Ça se saisit, se reprend, se malaxe, se secoue, hop, saute, escalade, descend, remonte, rampe, se plie, se déplie, s’exécute, sculpte et exulte, yap, ouf, ouf, le souffle court et la sueur qui perle, allez, alllez ! Go, GO ! GO !

En trois mots, ça se travaille. C’est comme le sport, faut de l’entraînement. Voilà, faut s’y mettre, et tout d’suite, splouch, boum, fuit, c’est lancé, sortez le stylo, le clavier, le vélo, la pompe, le step, l’apnée, les longueurs, barres, cheval d’arçon, le cerceau et la corde à sauter.

Tout ça avant, bien avant, suffisamment avant l’Avignonite, le moment fatal, la clef et le clou, du spectacle et dans la chaussure…

Sinon, risque ! Grand fond ! Et grand vide version Grand Bleu sans les dauphins ! Et coule ma poule ! Perdu errant et l’œil aride, hébété…. Qu’est ce qui m’arrive… Qu’est ce qui m’arrive… Qu’est ce qui m’arrive…. Qu’est ce qui m’arrive…. Qu’est ce qui m’arrive…. Qu’est ce qui…

C’est vrai que ça peut être un peu répétitif…

 

Anti chronique 2

Samedi 13 juin

 

Je ne vois rien à ajouter à ma chronique d’hier si ce n’est le son de l’orage.

12



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